Allo docteur, j’ai des Muda, des Muri et des Mura !

Lorsque je vais voir mon médecin, je ne sais rien de ma maladie et lui non plus du reste. La seule chose que l’on puisse partager dans un premier temps, ce sont des symptômes. Une toux, de la fièvre, des douleurs et d’autres désagréments plus ou moins prononcés.

Pour l’entreprise, les symptômes sont les Muri, les Mura et les Muda. Cela ne rend pas l’entreprise forcément malade. Mais cela peut sérieusement l’handicaper. Comme tout symptôme, il faut apprendre à les détecter et à les verbaliser. Cela peut venir assez vite, si vous allez régulièrement sur le Gemba et que vous posez les bonnes questions.

Le Muri est le premier symptôme à prendre en compte.

Il s’agit de l’excès, des activités irrationnelles ou déraisonnables. Cela touche les hommes, les machines, les process. Un camion surchargé, une machine qui tourne plus que nécessaire, des personnes qui croulent sous le travail, un salarié sur qualifié pour un poste.

C’est le premier symptôme à aller chercher. Car il porte en lui une attention à la pénibilité. Les troubles musculo squelettiques, les burn-out, les bore-out sont des Muri. Dans une entreprise Lean cela n’a pas sa place.

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Le Mura est souvent perçu, à tort, comme une fatalité

Ma première expérience marquante avec le Mura fût pendant mon service militaire. Il y a longtemps donc ! Levés en fanfare à 5h30. Trente minutes pour rejoindre la place d’armes. 30 minutes d’attente le bon vouloir du capitaine pour la levée des couleurs. Course au pas de charge pour rejoindre la cantine. A nouveau 30 minutes d’attente pour le temps que les autres sections rentrent en salle.

Le Mura ce sont les irrégularités, les à-coups. C’est la circulation en accordéon les jours de grand départ. C’est le travail dans l’urgence. D’une certaine façon, on aime cela, cela entretien le mythe du héros, le pompier qui éteint l’incendie. On accepte ce fonctionnement au nom d’une soi-disant réactivité. En réalité, cela est le symptôme d’une désorganisation et engendre un stress inutile.

Le Muda, tout le monde s’en plaint, mais on finit par vivre avec.

Le Muda se sont ces quelques petits kilos en trop que l’on a finit par accepter. On vit avec. Parfois, ils se rappellent à nous avec un peu de cruauté. Une petite balade en montagne entre amis, une partie de tennis, ou même une soirée endiablée sur le dance floor. Dans le pire des cas, on tombe dans l’obésité et un régime sévère s’avère indispensable.

Avant d’en arriver là, autant prêter attention à ces petits signes qui montrent que l’on s’empâte.

On identifie 7 types de Muda ou gaspillages. En voici une cartographie.

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Les 3 MU, comme tout symptôme, constituent la première pierre d’un diagnostic. Mais ils n’expliquent pas la maladie et ne donnent pas le traitement. Il faudra poursuivre l’enquête pour trouver les causes de ces excès, irrégularités et gaspillages. Le Lean dispose pour cela tous les outils de la résolution de problème et surtout une démarche structurée qui se résume en 5 lettres : DMAIC.